



Pour les montagnes
Bien que la vallée soit connue comme « le petit Nice » (en raison de son climat privilégié), le visiteur sera séduit par le caractère montagneux et sauvage de la région. Située en limite occidentale du parc national des Ecrins, la région du Valbonnais abrite des sommets de prestige comme l'Olan (3564 m), la Roche de la Muzelle (3465 m), l'Aiguille des Arias (3402 m) qualifiée de « perle du Valbonnais », ou encore le Coiro (2605 m).
Les hauteurs imposantes, les roches sombres aux formes déchiquetées des massifs cristallins alpins, dominant parfois de près de 2500 mètres les vallées de la Bonne et de la Malsanne, concourent à une impression de rudesse et d’austérité qui a marqué les premiers voyageurs (Pour un art d’habiter le Valbonnais, 2000).
Ce qui caractérise le Valbonnais, c’est donc cette double dimension qui voit d’un côté des fonds de vallées verdoyantes dans lesquelles chaque parcelle est exploitée au mieux, comme poncée par le travail des hommes, avec de l’autre, la démesure des versants qui vous regardent d’en haut, et vous donnent le vertige. Pour qui les connaît, il y a indéniablement un « je ne sais quoi » qui rappelle certaines vallées andines, à commencer par les techniques de culture en terrasse.


... à l'écart des grands massifs…
"Quant à celui qui, dans ses voyages, recherche les sites peu fréquentés d’une nature pittoresque vierge de tout émondement symétrique et de tout embellissement tracé au cordeau, qu’il parcoure le Dauphiné et visite la petite vallée de Valbonnais". Ces propos écrits en 1839 (par un auteur anonyme et extraits de « l’Album du Dauphiné ») ont traversé le 20ème siècle, porteur d’une vérité sur laquelle le temps n’a pas eu de prise.
Aujourd’hui encore, le Valbonnais peine à se sortir de cette image de région en retrait du monde, oubliée par le progrès et le développement économique. C’est qu’un réseau routier longtemps de piètre qualité a concouru à donner une réputation de montagne enclavée, ce qui n’a pas toujours été faux, à en croire l’Annuaire Statistique du département de l’Isère qui indiquait en 1809 : "On ne parvient dans les communes de ce canton que par des entiers étroits, rapides et dangereux, impraticables aux voitures". La route actuelle ne date d’ailleurs que de 1822.

… mais façonnées par l'homme.
Un territoire est toujours la rencontre d’un environnement biophysique, d’une culture, et d’une multitude de savoir-faire. A chaque époque, les habitants ont du faire face à des défis différents, ce qui a contribué à développer chez eux la capacité d’adaptation aux rudes exigences de la montagne. Les paysages forestiers, agricoles ou bâtis du Valbonnais ont évolué sans cesse, pris dans des logiques elles-mêmes évolutives. Le Valbonnais est donc comme un mille-feuille, une « superposition d’empreintes enchevêtrées, témoins des choix des hommes ». Ces éléments constituent l’héritage d’une société montagnarde, aujourd’hui comme hier en perpétuel mouvement, cette idée prenant à revers le mythe d’un modèle de vie enraciné dans des pratiques séculaires et immuables.