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Économie agro-pastorale

L’économie locale du Valbonnais a évolué au travers de quatre grandes époques : la période agro-pastorale traditionnelle qui a duré jusqu’à la moitié du 19ème siècle, le développement économico industriel à cheval sur les 19ème et 20ème siècles, le virage manqué des trente glorieuses (1945-1975), et le néo-ruralisme du 21ème siècle (qu’il reste à inventer). En effet, pendant des siècles, les paysans ont constitué la grande majorité des habitants du Valbonnais. Les richesses produites dans les foyers étaient maigres et provenaient principalement de la terre (agriculture et élevage). L’autosuffisance agricole, couplée à un commerce local très limité et à un artisanat minimal, a caractérisé longtemps le modèle économique des zones de montagne, qui a pu fonctionner grâce à une solidarité de raison et à la présence de réseaux d’échanges sociaux très structurés.
Le développement du 19ème siècle

A partir du 19ème siècle, alors que la révolution industrielle gagne progressivement l’ensemble du territoire français dans une euphorie intellectuelle portée par l’esprit des lumières, et dont les mots « progrès et modernité » sont les fers de lance, un vent nouveau souffle dans les montagnes alpines à partir de la moitié du 19ème siècle. Sous la 3ème république (à partir de 1870), l’Etat s’engage en effet comme jamais, entreprend des grands travaux de restauration avec l’idée que la nature doit être domestiquée. Il installe ou restaure également des édifices publics tels que les écoles, les mairies, et les églises. Le 19ème siècle voit la population du Valbonnais atteindre des sommets avec plus de 1200 habitants. On va chercher de la main-d’œuvre là où on peut pour faire tourner l’économie locale.
Des trente glorieuses au néo-ruralisme

A la fin de la deuxième guerre mondiale, dans les années 40, un constat s’impose : les vallées du Valbonnais se sont transformées comme jamais, à l’issu d’un siècle d’euphorie industrielle et de guerres qui ont bouleversé les équilibres démographiques. Pourtant, ce modèle de développement pseudo industriel de la campagne n’a pas débouché sur un résultat probant. Les industries n’ont pas perduré faute de rentabilité, principalement en raison de coûts de transport onéreux. Le chemin de fer n’a pas débouché sur l’ouverture économique escomptée. Pendant les vingt ans qui suivent, le territoire se dépeuple. Le Valbonnais en effet n’a pas su (pu ou voulu) prendre le virage du développement touristique qui a caractérisé les massifs Alpins, avec le ski comme activité motrice. En 1973, le grand virage attendu survient : l’ouverture du Parc des Ecrins. Cette réorientation totale du modèle économique, basé désormais sur la conservation du territoire, s’est accompagnée de quelques conflits d’intérêt, à commencer par un conflit avec les chasseurs. Le Valbonnais est aujourd’hui un pays de néo-ruraux, même si des familles installées là de longues dates contribuent à cimenter l’esprit et la culture de la vallée. De nombreuses maisons ont été restaurées, marquant un intérêt nouveau. Reste que pour ne pas se contenter de survivre, un modèle économique adapté au 21ème siècle doit être inventé en tenant compte de ses atouts : le climat, la faune et la flore, sa géographie, et sa proximité avec le parc des Ecrins.